Un si doux silence

Huit milliards d’êtres humains sur Terre. Et, pour l’immense majorité, des invisibles. Sans visage, sans voix, sans identité, sans matérialité.
Des poussières d’humains dans un monde un peu trop grand pour eux.

Poussières de vie. Poussières d’espoir.
Des poussières d’humains baignés de solitude.
Mais qui peuvent se fondre dans une douce humanité partagée, en tissant des fils invisibles entre eux, sœurs et frères humains.
Douce humanité, qui tente de s’oublier pour mieux accepter l’autre, mieux le connaître, mieux le comprendre, mieux l’accueillir, pour peut-être simplement mieux l’aimer.

Sans bruit, sans vague. Dans un si doux silence.

Un si doux silence s’inscrit dans une réflexion sur l’échelle, la perception et la place de l’humain dans le monde. À travers l’usage de la macro-photographie, la série met en scène de minuscules figurines, déplacées de leur contexte d’origine et intégrées à des espaces réels. Ce glissement trouble les repères habituels et engage un renversement du regard.

En conférant une présence monumentale à des corps miniatures, le dispositif photographique interroge la notion de grandeur et remet en question notre rapport au monde. L’humanité y apparaît réduite à une dimension presque insignifiante, non pas comme une perte, mais comme une tentative de retrouver sa juste place. Le minuscule devient alors un outil critique, révélant la fragilité de notre condition et la relativité de notre importance.

La série convoque également un imaginaire de l’enfance mais sans nostalgie. Les figurines, objets intermédiaires entre le jeu et la représentation, ouvrent un territoire où le réel et le fictif se confondent. Un si doux silence propose ainsi une suspension du temps et du bruit du monde, invitant à une attention renouvelée portée à ce qui est discret, marginal, et souvent ignoré.

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