Les larmes sèches

Il était une fois une petite fille, toute petite et toute seule, coincée au fond de ma gorge. Un peu plus loin même, au fond de mon passé. Elle me ressemble, n’a pas grandi. Elle est enfermée dans une petite boîte noire dont elle ne parvient pas à s’échapper.

Il y fait froid. Il y fait sombre.

Elle voudrait sortir de cette boîte un peu trop étroite, peuplée de fantômes et de monstres, de peurs et de cris étouffés.

Un beau jour, elle parvient à percer un petit trou, minuscule, et découvre, projetées sur les parois sensibles de sa cellule, des bribes d’images extérieures. Elle s’aperçoit alors qu’elle n’est pas seule. Qu’il existe une multitude de petites filles, toutes petites, et même de petits garçons, tout petits eux aussi, enfermés dans des boîtes presque identiques à la sienne.

A tâtons, elle devine un bouton, c’est un déclencheur. Elle appuie.

Et trouve enfin une issue.