
Mercredi 7 janvier 2026
TER Orléans-Paris n°860526 de 17h29
Je m’installe tout contre la fenêtre. Il a neigé. La lumière décline. Inexorablement.
Le temps semble s’être arrêté. Et pourtant j’en ressens chaque respiration, chaque souffle. Le train écrit sa partition. Et moi, passagère éphémère, je saisis le murmure obstiné de cette fugue.











































Fugue en do mineur est une série née du mouvement, mais tournée vers l’instant suspendu.
Réalisée depuis l’intérieur d’un train en mouvement, où le regard n’a jamais le temps de s’ancrer pleinement, elle propose une expérience sensible du passage.
Entre rythme et effacement, cette série invite à ralentir le regard, à accepter l’incertitude de l’image, et à faire de ce déplacement un espace de contemplation et de respiration.
Comme dans une fugue musicale, les images se répondent par répétitions et variations. Le paysage, saisi à la tombée de la nuit, revient sous des formes changeantes, traversé par le flou, les reflets et les déformations liées à la vitesse. Chaque image est une variation autour d’un même motif : le monde qui défile et se transforme sous l’effet du mouvement. Et toutes ces images composent une partition visuelle fondée sur le rythme, la durée et la transformation.
Mais la fugue est aussi une échappée. Cette fuite n’est pas un refus du monde, mais une manière de s’en extraire momentanément, de créer un temps suspendu.
Cette série invite à ralentir, à accepter le flou, et à écouter ce que le passage laisse derrière lui.
Fugue en do mineur est ainsi une pause fragile dans un monde lancé à toute vitesse.
Un moment de retrait, presque méditatif, où le mouvement devient douceur et où l’instabilité révèle une poésie discrète.